Et si on arrêtait de brûler l'Amazonie ?

Au mois d’août 2019, nous avons tous été bombardés par les médias au sujet de la déforestation en Amazonie. Les scandales reliés au Président brésilien Jair Bolsonaro concernent sa vision court-termiste utilisée dans sa gouvernance. Rien qu’hier, le président a fait annuler une réglementation instaurée en 2009, interdisant l’expansion des plantations de sucre de canne en Amazonie. Le président Trump a tweeté son soutien au président brésilien, quelle surprise. Pendant ce temps, les groupes d’agriculture brésilienne sont inquiets que les importateurs mondiaux décident de ne plus s’approvisionner chez les brésiliens à cause des soucis climatiques et les problèmes de corruption liés au gouvernement. Il y a un fort sentiment d’incertitude concernant le futur de l’Amazonie. A ce sujet, des reportages télévisés, émissions radio et encore les fameuses « Story » Instagram de nos influenceurs et influenceuses préférés. Qu’en est-il des faits ?

 

D’abord, faisons le tableau de cette région sud-américaine. L’Amazonie est la plus grande forêt tropicale au monde et environ 60% de sa surface totale se trouve au Brésil. Il s’agit également de la concentration la plus importante de biodiversité au niveau mondial et a un impact invraisemblable sur le climat. La plupart des pays sud-américains profitent également de ses impacts météorologiques. La forêt est l’épicentre des précipitations sur le continent, bien au-delà de la zone géographie de l’Amazonie. Ces impacts sont essentiels pour les domaines agricoles des pays limitrophes comme le Paraguay & l’Argentine. L’institut national de recherche spatiale du Brésil (INPE) a annoncé que le nombre de feux de forêt a presque doublé par rapport à 2018, et la déforestation annuelle a augmenté d’environ 40%. Il ne faut pas non plus oublier les indígenas brasileiros. Ces derniers se comptent dans les 900'000 personnes, constituent environ 2000 tribus et parlent presque 200 langues différentes. Cependant, aux yeux du président, il s’agit d’un peuple qu’il faut évacuer de leurs terres (cf. Tweet ci-dessous) afin de se servir des ressources naturelles et alimenter l’économie brésilienne. Ces ressources sont très variées, nous pouvons y trouver de l’or, de l’aluminium ou encore du pétrole. Nous remarquons assez facilement que l’état de la forêt amazonienne implique les intérêts de tout le monde, contredisant les discours et le comportement de Bolsonaro, qui estime qu’il peut faire ce qu’il veut sur le territoire brésilien, sans s’intéresser à l’avis des pays voisins, aux discours des indigènes et aux réclamations des activistes au niveau international.

 

 

Photo 1 : Tweet du président brésilien au sujet des indigènes

La déforestation de la forêt amazonienne est sujette à des nombreux débats mais il est difficile de savoir ce qu’il se passe dans les faits. Chaque année, que ce soit en Australie, Californie ou en Amazonie, les feux de forêt ont lieu naturellement et doivent être contrôlés par les forces étatiques. Selon une étude récente de la NASA, les feux de forêt annuels sont en baisse de 25% depuis 2003, alors que les grands médias (CNN, New York Times) nous font croire que toute la planète est en flamme. Cependant, ce qui a choqué le monde entier était la découverte que le gouvernement brésilien a autorisé des entreprises locales à initier eux-mêmes des feux et le cacher aux yeux du monde. Ces zones forestières sont déboisées dans le but de construire des mines, récolter le bois ou encore afin de créer de l’espace pour l’élevage de bétail, qui gagne de plus en plus en popularité, malgré les mouvements végétariens et du véganisme. Le ministre de l’environnement brésilien, Ricardo Salles, a plaidé coupable d’avoir altéré les cartes dans un programme de protection environnementale afin d’aider plusieurs mines amazoniennes à agrandir leurs affaires. Encore des preuves de corruption qui devraient faire changer les personnes au pouvoir.

La situation actuelle en Amazonie a des répercussions mondiales, c’est pour cela que beaucoup de pays du monde entier se réunissent afin d’aider. Le G7(aucun membre en Amérique du Sud) a réuni $20 millions afin de financer la lutte contre la déforestation au Brésil. Le président Bolsonaro a refusé cette donation, nous montrant ses vraies intentions concernant la protection de l’environnement dans son propre pays, ainsi que la défense des intérêts de ses propres citoyens. Selon lui, le Brésil n’a pas besoin de cet argent. It stipule que le Brésil peut s’en occuper sans aide internationale, bien que son gouvernement ait déjà fait preuve de corruption et ne montre probablement que très peu d’initiatives à ce sujet. L’hypocrisie du président Bolsonaro est une des sources de chocs médiatiques.

 

Par contre, il ne faut pas perdre espoir. Des pays comme l’Allemagne et la Norvège participent au « Amazon Fund », qui a déboursé presque un demi-million de dollars dans la lutte contre la déforestation et afin de soutenir des projets de développement locaux. Suite aux déclarations et les preuves de corruption du gouvernement brésilien, l’Allemagne menace de retirer presque $40millions en financement. En prenant du recul sur le gouvernement brésilien, il n’a pas toujours été aussi désastreux au niveau climatique. De 2005 à 2014, la déforestation a diminué de 70% grâce à la mise en force de normes environnementales et le soutien des activistes internationaux. Pendant cette même période, le PIB du Brésil a grandi, 30 millions de personnes sont sortis de la pauvreté et les inégalités salariales ont diminué. C’est cet argument que les activistes utilisent quand le gouvernement brésilien prétend qu’ils ne peuvent pas avoir de croissance économique sans se servir de la forêt.

Photo 2 : Deforestation en Amazonie (source Unsplash)

 

Pour conclure, sortons du Brésil, et prenons un peu de recul sur le monde. Le bilan climatique actuel est assez contradictoire. La marche pour le climat à Berne a battu le record de participants, une adolescente suédoise traverse l’Atlantique pendant quinze jours afin de se rendre à des conférences climatiques, et le président du Brésil est d’accord de mettre feu à son pays pour accroître le PIB. Tel que mentionné plus haut, le nombre de feux de forêt est en déclin alors que les médias nous disent le contraire. Concernant l’avenir du Brésil, il est difficile de le prédire mais nous pouvons espérer un changement de gouvernement, car il contribue directement à freiner le progrès climatique mondial. Par contre, il est sûr que la contribution climatique du Brésil et la conservation de la forêt amazonienne ne se fera pas sous le pouvoir de Bolsonaro. Un peu plus au nord du continent, Le Costa Rica pourrait être source d’inspiration. Il s’agit du premier pays sud-américain qui promet d’utiliser 100% d’énergie renouvelable dans le secteur des transports et dans l’alimentation d’électricité des ménages, tout cela avant 2030.

 

Sources:

Etude NASA : https://earthobservatory.nasa.gov/images/145421/building-a-long-term-record-of-fire

Site « Amazon Fund » : http://www.amazonfund.gov.br/en/home/

8 novembre 2019, Henri Gogniat